DOSSIER : Roman et Histoire

Passage de l'Armée de Libération par la Cordillère des Andes - Julio Vila y Prades (1909)


Le roman historique apparaît en Amérique Latine avec les mouvements d'Indépendance participant de la construction des identités des nouvelles nations et prenant, dès l'origine, une dimension politique. Il s'affirme, à partir des années 1970, comme un genre majeur de la littérature du continent.


Ainsi, dans Amalia, publié à partir de 1851 et considéré comme le premier roman de la littérature argentine, José Mármol propose un récit au temps de la dictature de Juan Manuel Rosas à laquelle il s'opposa. Au Mexique, c'est El periquillo sarniento, de José Joaquín Fernández de Lizardi (1816) qui initie la tradition romanesque nationale en reprenant les canons de la littérature picaresque pour revenir sur l'époque coloniale et affirmer la nécessité de l'Indépendance.

Un exemple parlant du rôle qu'a joué le roman historique dans les constructions nationales sont les romans mexicains réunis sous l’appellation de « Roman de la Révolution », un courant littéraire initié par des auteurs contemporains de la Révolution tel que Mariano Azuela, auteur de Los de abajo (1916), Martín Luis Guzmán, auteur de La sombra del caudillo (1929) ou Nellie Campobello à qui l'on doit Cartucho: Relatos de la lucha en el Norte de México (1931).

Le roman historique a donc dès ces début, une dimension politique que l'on retrouve dans bien d'autres ouvrages. On peut citer par exemple Mañana los guerreros de Fernando Alegría qui constitue un témoignage dramatique du Chili de 1938, époque du Front Populaire, de la Guerre civile espagnole et de l'avancée nazie en Europe.


Dans cette production romanesque, il faut souligner que la commémoration des cinq cent ans de la Découverte du continent en 1992 a été l'occasion de voir paraître nombre de romans traitant du thème. On peut citer par exemple Vigilia del Almirante du grand écrivain paraguayen Augusto Roa Bastos qui revisite de manière radicale la figure de Christophe Colomb et le récit même de la découverte. On y retrouve, au fil de la lecture, tous les éléments biographiques connus : les protections dont bénéficia le navigateur, le départ de Palos avec les trois caravelles, la traversée de la mer des Sargasses, le trucage des mesures pour apaiser l'inquiétude de l'équipage... mais redistribués ou détournés par la tension poétique du texte qui juxtapose les témoignages réels et imaginaires et remet en question la limite entre récit historique et récit fictionnel. On peut citer aussi El largo atardecer del caminante où l'Argentin Abel Posse construit une autobiographie imaginaire du conquistador Alvar Núñez Cabeza de Vaca. Ces deux ouvrages montrent comment les romans historiques contemporains peuvent avoir pour objet de revisiter les mythes fondateurs de l'histoire du continent, d'en proposer une autre lecture.


Certains auteurs ont ainsi toute une œuvre marquée par la dimension historique. On pense, bien sûr au cubain Alejo Carpentier à qui on doit, par exemple, El siglo de las luces ou El arpa y la sombra. Le premier a pour fil conducteur les échos de la Révolution française dans les Caraïbes et, pour personnage principal, Victor Hughes, politique et militaire qui fut un administrateur colonial français. Le second traite de Colomb et de la répercussion qu'eut la découverte de l'Amérique, notamment dans l'Eglise catholique. Il faut citer aussi le Mexicain Carlos Fuentes qui a publié nombre de romans qui reviennent sur l'histoire de son pays : Los años con Laura Díaz nous plonge dans l'histoire du Mexique du XXe siècle. La muerte de Artemio Cruz s'nscrit dans la tradition du roman de la Révolution, etc. On peut mentionner encore le romancier et essayiste argentin Manuel Mujica Láinez connu pour ses complexes recréations historiques telles celles mises en œuvre dans Bomarzo, dont le sous-titre est « La vie et les aventures du duc d'Orsini, un visionnaire de la Renaissance italienne » ou dans El escarabajo dont le narrateur est un talisman égyptien créé par la reine Nefertiti qui relate ses péripéties de l'Egypte de Ramsés II jusqu'à nos jours. Ou encore, Denzil Romero considéré comme un grand écrivain de roman historique de la littérature vénézuelienne. On lui doit notamment un roman sur l'explorateur Alexander von Humboldt : Recurrencia equinoccial. On doit aussi à Mario Vargas Llosa quelques romans historiques comme El sueño del Celta, biographie de Roger Casement ou El paraíso en la otra esquina qui tisse en un même récit la vie de Flora Tristan et celle de son petit-fils Paul Gauguin. Il faut enfin signaler le travail littéraire de la Mexicaine Carmen Boullosa : Texas, un roman qui revient à travers une foule de personnages sur comment le Mexique perdit la moitié de son territoire au profit des Etats-Unis ; La otra mano de Lepanto qui nous fait suivre les aventures d'un personnage de Cervantés, la gitane Maria la bailaora ; ou encore El médico de los piratas qui nous plonge dans l'univers des boucaniers et flibustiers du XVIIe siècle.


Si nombre d'auteurs élaborent leur récit à partir d'un long travail sur les sources historiographiques semblant vouloir faire œuvre d'historiens, ils revendiquent souvent l'espace fictionnel de la littérature pour raconter autrement l'Histoire.


Ainsi, La guerra del fin del mundo de Mario Vargas Llosa qui recrée dans un récit apocalyptique la Guerre de Canudos à la fin du XIXe siècle au Brésil est basé sur une chronique d'Euclides da Cuhna publié en 1902. El general en su laberinto de Gabriel Garcia Marquez restitue les manières, les accents, l'énergie et le parcours d'un Simon Bolivar défait, affaibli, malade et fou qui ramène à sa simple humanité le mythe bolivarien, lui donne chair et le met à notre portée. Dans Noticias secretas de América, Eduardo Belgrano Rawson délaisse l'histoire officielle pour en montrer les aspects insoupçonnés. Avec El hombre que amaba los perros, Leonardo Padura élabore une grande fresque historique des luttes du XXe siècle de la Révolution russe à la Révolution cubaine autour des figures de Trotsky et de son assassin.


On trouve ainsi une foule de récits romanesques de l'Histoire. Luis Fernández Molina avec La Villa de Santiago revient sur la fondation de Santiago de Guatemala. Gerardo Bartolomé avec La traíción de Darwin met en scène les aventures du Beagle et le litige qui oppose l'Argentine et le Chili pour la possession de la Patagonie. Álvaro Enrigue, dans son roman Muerte Súbita, utilise tous les artifices de la littérature pour restituer les bouleversements qu'entraîna la Découverte. Memo Ánjel, dans Tanta gente, propose un récit plein d'imagination de la colonisation de la région d'Antioquia, en Colombie. Juan Gabriel Vásquez, dans Historia secreta de Costaguana, raconte comment José Altamirano, un Colombien, rencontre Joseph Conrad qui lui volera son histoire. Néstor Ponce, dans El intérprete recrée, entre roman historique et roman d'amour, le Buenos Aires des années 1870. César Aira, situe son court roman Parménides dans le monde grec du Ve siècle avant J. C. et prend prétexte de ce récit pour une réflexion sur les motivations de l'écriture et de la création. Lázaro Covadlo, avec Las salvajes muchachas del partido propose de nous fait revivre les événements de la première moitié du XXe siècle : né en Ukraine, le personnage participe aux révoltes de 1905, fuit un pogrom, émigre en Argentine, revient en Europe pour participer à la Révolution russe, s'engage dans les Brigades internationales pour se battre auprès des Républicains espagnols.


Dans ce jeu entre fiction et histoire, on trouve des romans historiques qui sont aussi des romans à énigme ou des romans noirs. Ainsi, dans En busca de Klingsor, Jorge Volpi relate la poursuite et la capture du scientifique chargé des recherches sur l'atome du IIIe Reich. Aliento a muerte de F.G. Haghenbeck est l'histoire d'une vengeance au Mexique, après l’exécution de l'empereur Maximilien. Federico Andahazi, avec El secreto de los Flamencos, offre un roman noir qui a pour cadre la rivalité entre les peintres italiens et flamands au début de la Renaissance. Jorge Eduardo Benavides, avec El enigma del convento, propose un roman d'espionnage : en 1814, après avoir montré sa fidélité à la couronne espagnole, le général Goyeneche est appelé à la cour pour aider Fernand VII à combattre le mouvement libéral qui prétend restaurer la Constitution de Cadiz. El oro de Berlín de Jorge Yaco est un thriller politique qui reconstruit le communisme des années 1970. Et, El dinero del diablo de Pedro Ángel Palou est un récit policier : une série d'assassinats au Vatican trouve leur explication dans les intrigues de palais de 1929 à l'ombre de Mussolini et de Hitler.


Une autre manière de souligner l'aspect fictionnel de ces récits est de mettre en abîme le travail historiographique en construisant un personnage d'historien. C'est le cas, par exemple, dans Coronel Lágrimas de Carlos Fonseca où un ancien ermite se donne pour tâche d'écrire l'histoire universelle selon des clefs qui lui sont propres. Ou, encore, dans El sueño de la Historia de Jorge Edwards dont le narrateur revient au Chili pour mener à bien une recherche sur un architecte du XVIIIe siècle.


Raconter l'Histoire à partir de la fiction permet de remettre en cause les versions historiques officielles. Si les microrécits de Memoria del fuego de Eduardo Galeano sont parmi ceux qui illustrent le mieux cette démarche, on trouve dans la production romanesque contemporaine de nombreux exemples de cette volonté.


Ainsi, Reynaldo Arenas, avec El mundo alucinante, cherche à donner une version moins historique et moins ennuyeuse de la vie de Fray Servando Teresa de Mier, un moine mexicain qui parcouru toute l'Europe et qui est considéré comme le fondateur de la littérature mexicaine. Juan José Saer, qui a insisté sur l'impossibilité du roman historique dans la démarche littéraire, offre en 1983 un roman intitulé El entenado, un récit qui s'inspire du modèle des chroniques de la Conquête et propose une réfléxion sur l'altérité. Julieta Campos, dans La forza del destino, propose une exhaustive exploration, un décompte minutieux de cinq siècles de l'histoire cubaine dans une prose-fleuve. Los informantes de Juan Gabriel Vásquez éclaire une page noire et occultée de l'histoire colombienne. Santa María de las flores negras de Hernán Rivera Letelier revient sur un épisode marquant et douloureux de l'histoire du syndicalisme ouvrier : en 1907, des grèves éclatent dans toutes les mines d'Atacama, les mineurs se rendent avec femmes et enfants à Santa Maria de Iquique pour réclamer leurs droits. La répression sera sanglante. Entremêlant reconstitution historique et épisodes romanesques, l'auteur retrace avec une simplicité et un lyrisme poignants, cette épopée de la misère... et rend justice à ceux qui la réclamaient. Dans Deus machi, Jorge Guzmán raconte la rencontre que fut la colonisation en mettant en scène un moine fait prisonnier par les indiens mapuche, une expérience qui lui fut bénéfique.


Certains auteurs s'amusent alors à offrir un contrepoint humoristique à l'histoire officielle. C'est le cas, par exemple de Jorge Ibargüengoitia qui avec Los relámpagos de agosto publie une parodie de roman de la Révolution mexicaine. C'est le cas aussi de Ramón Rocha Monroy qui, dans Potosí 1600, nous plonge dans un des centres du monde colonial américain à travers un groupe de théâtre. Ou, encore, de l'historien et écrivain péruvien Fernando Iwasaki qui, avec Inquisiciones peruanas part de cas réels de la répression de l'Inquisition au temps de la Vice-royauté du Pérou pour en montrer les dessous rocambolesques et ridicules.


Le roman historique contemporain s'inscrit ainsi dans le projet littéraire postmoderniste : offrir un récit pluriel, dialogique et qui interroge les structures imposés depuis le pouvoir. Il ouvre la voie à une lecture critique de l'histoire depuis la marge, la folie, l'exclusion, la subjectivité, les diverses versions.

On peut donner comme exemple de cet enjeu Noticias del Imperio de Fernando del Paso : En 1861, Napoléon III, avec la bénédiction du pape, se lance dans l'entreprise d'établir un empire « latin » et catholique au Mexique, un empire qui contrebalancerait le pouvoir grandissant des Américains. En 1861, la République mexicaine indépendante a pour président le libéral Benito Juarez, d'origine zapotèque. Fernando Del Paso déroule devant nous avec sarcasme et érudition, tous les dessous de cette grande affaire : le luxe ostentatoire de Maximilien, ses erreurs politiques, l'abandon de Napoléon III, les réflexions politiques de Juárez, l'opinion de la rue, les faits d'armes et les trahisons et, surtout, la voix de l'impératrice Charlotte, devenue folle en tentant de sauver son époux... ses longs monologues délirants ponctuent de manière onirique et violente, tout au long du roman, le récit de cette entreprise tout aussi folle qu'elle.


Dans cette démarche de revisiter l'histoire officielle, il faut souligner le travail de nombre de femmes écrivains qui revalorisent des figures historiques féminines. C'est le cas de la mexicaine Elena Poniatowska qui publie en 1978, un petit roman épistolaire qui rend justice à Angelina Beloff abandonnée par Diego Rivera : Querido Diego, te abraza Quiela. On lui doit plusieurs biographies romancées qui mettent en avant des femmes qui ont eu un rôle majeur dans la vie culturelle et artistique du XXe siècle. En 1992, Tinísima qui traite de la photographe et militante Tina Modotti ; en 2011, Leonora où elle raconte son amie la peintre surréaliste Leonora Carrington. Et, en 2016, Dos veces única qui traite de Lupe Marin, mannequin et romancière, une autre grande figure de la vie artistique mexicaine du XXe siècle.

D'autres écrivaines opèrent la même revalorisation. Une autre mexicaine, Carmen Boullosa, offre deux biographies : une de Sofonisba Anguissola, peintre de la Renaissance (La virgen y el violín) et une du personnage de Tolstoï : Ana Karenina (El libro de Ana). Relevant de cette volonté féministe, on peut citer encore El pergamino de la seducción de Gioconda Belli qui donne l'occasion à Jeanne la Folle de donner sa version de l'Histoire, La capitana d'Elsa Osorio qui revient sur le destin exceptionnel de Mika Feldman de Etchebéhère qui participa aux grandes luttes et aux conflits qui ont marqué le siècle dernier, ou, encore, Malena de cinco mundo de Ana Teresa Torres où l'héroïne se remémore les femmes qu'elle a été : Giulia Metella, au temps de Marc Aurèle, Juanita Redondo, aventurière du XVIIIe siècle, Isabela Bruni, pionnière de la science à la Renaissance et Malena qui analysa Freud.


La littérature permet alors de refonder autrement l'identité historique. On peut par exemple s'arrêter sur la recherche d'une nouvelle identité fondatrice dans la production romanesque de deux grands auteurs latinoaméricains : le Cubain Alejo Carpentier et le Mexicain Carlos Fuentes.


Un livre majeur de cette recherche est El reino de este mundo (1949) d'Alejo Carpentier publié en 1949. Cet écrivain, lors d'un séjour qu'il fait en France de 1927 à 1939, entre en contact avec les avant-gardes européennes, notamment avec les surréalistes. Il en revient en recherchant une autre manière de rendre compte de la réalité historique et culturelle du continent latino-américain. C'est ainsi qu'il élaborera la notion de "Réel merveilleux" qui connaîtra une grande fortune sous le nom de Réalisme magique. Le royaume de ce monde est le premier roman où Alejo Carpentier met en avant cette notion de "Réel merveilleux". C'est un roman historique qui couvre une période qui va de la seconde moitié du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle où apparaissent des épisodes et des personnages réels de la Révolution haïtienne : la révolte des esclaves qui eut à sa tête un nègre marron nommé Mackandal, la guerre d'Indépendance, le royaume d'Henri Christophe... Cependant, le roman historique est ici revisité et se déploie à partir du potentiel poétique des croyances africaines.


On doit de même à Carlos Fuentes un ample travail de refondation des mythes de l'identité mexicaine et latinoaméricaine. En 1977, il publie son grand roman Terra Nostra qui est considéré comme son œuvre majeure. Un roman à la croisée de l'histoire, de la mythologie, de la philosophie et du fantastique où il explore les racines de la Découverte du Nouveau Monde par un empire espagnol sur le déclin.


D'autres auteurs opèrent un même travail de narration entre mythe et histoire. On peut citer le Dominicain Marcio Veloz Maggiolo qui, par exemple, dans La mosca soldado, conçoit, une vision cyclique de l'Histoire. Et, on peut mentionner aussi un roman comme Ursúa de William Ospina qui raconte la geste héroïque et violente du basque Pedro de Ursúa (1526-1561) nommé lieutenant gouverneur du Nouveau Royaume de Grenade en 1545. Un roman fastueux qui restitue l'émerveillement et la démesure suscité par le Nouveau Monde à une époque où l'avidité se nourrissait de légendes. 


BIBLIOGRAPHIE DISPONIBLE A LA MEDIATHEQUE DE BIARRITZ


  • Aira, César : Parménides

  • Alegría, Fernando : Mañana los guerreros

  • Andahazi, Federico : El secreto de los Flamencos

  • Ánjel, Memo : Tanta gente

  • Arenas, Reynaldo : El mundo alucinante (Le monde hallucinant – Mille et une nuits, 2002)

  • Azuela, Mariano : Los de abajo

  • Belli, Gioconda : El pergamino de la seducción

  • Benavides, Jorge Eduardo : El enigma del convento

  • Bartolomé, Gerardo : La traíción de Darwin

  • Belgrano Rawson, Eduardo : Noticias secretas de América

  • Boullosa, Carmen : Texas ; La otra mano de Lepanto ; El médico de los piratas ; La virgen y el violín ; El libro de Ana

  • Campobello, Nellie : Cartucho: Relatos de la lucha en el Norte de México 

  • Campos, Julieta : La forza del destino

  • Carpentier, Alejo : El arpa y la sombra (La harpe et l'ombre – Gallimard, 1986); El siglo de las luces (Le siècle des Lumières – Gallimard, 1977) ; El reino de este mundo (Le royaume de ce monde – Gallimard, 1980)

  • Covadlo, Lázaro : Las salvajes muchachas del partido

  • Edwards, Jorge : El sueño de la Historia

  • Enrigue, Álvaro : Muerte Súbita

  • Fernández Molina, Luis : La Villa de Santiago

  • Fonseca, Carlos : Coronel Lágrimas

  • Fuentes, Carlos : Terra Nostra (Terra Nostra – Gallimard) ; Los años con Laura Díaz (Laura Diaz – Gallimard, 2001) ; La muerte de Artemio Cruz (La mort d'Artemio Cruz – Gallimard, 1976)

  • Garcia Marquez, Gabriel : El general en su laberinto (Le général dans son labyrinthe – Grasset, 1990)

  • Guzmán, Jorge : Deus machi

  • Guzmán, Martín Luis : La sombra del caudillo (L'ombre du caudillo- Gallimard, 1996)

  • F.G. Haghenbeck : Aliento a muerte

  • Ibargüengoitia, Jorge : Los relámpagos de agosto

  • Iwasaki, Fernando : Inquisiciones peruanas

  • Lizardi, José Joaquín Fernández de : El periquillo sarniento

  • Mármol, José : Amalia

  • Manuel Mujica Láinez : Bomarzo ; El escarabajo

  • Osorio, Elsa : La capitana

  • Ospina, William : Ursúa (Ursua – Lattès, 2007)

  • Padura, Leonardo : El hombre que amaba los perros (L'homme qui aimait les chiens – Métailié, 2011)

  • Palou, Pedro Ángel : El dinero del diablo (L'argent du diable – Lattès, 2011)

  • Paso, Fernando del : Noticias del Imperio (Des nouvelles de l'Empire -Fayard, 1990)

  • Ponce, Néstor : El intérprete

  • Poniatowska, Elena : Querido Diego, te abraza Quiela (Cher Diego, Quiela t'embrasse – Actes Sud, 1984); Tinísima (Tinísima L'Atinoir, 2014); Leonora (Leonora – Actes Sud, 2012) ; Dos veces única

  • Posse, Abel : El largo atardecer del caminante

  • Rivera Letelier, Hernán : Santa María de las flores negras (Les fleurs noires de Santa Maria – Métailié, 2004)

  • Roa Bastos, Augusto : Vigilia del Almirante (Veille de l'Amiral – Seuil, 1994)

  • Rocha Monroy, Ramón : Potosí 1600

  • Romero, Denzil : Recurrencia equinoccial

  • Saer, Juan José : El entenado

  • Torres, Ana Teresa : Malena de cinco mundo

  • Vargas Llosa, Mario : La guerra del fin del mundo (La guerre de la fin du monde – Gallimard, 1987) ; El paraíso en la otra esquina (Le paradis, un peu plus loin – Gallimard, 2003) ; El sueño del Celta (Le rêve du Celte – Gallimard, 2011)

  • Vásquez, Juan Gabriel : Historia secreta de Costaguana (Histoire secrète du Costaguana – Seuil, 2010) ; Los informantes

  • Veloz Maggiolo, Marcio : La mosca soldado

  • Volpi, Jorge : En busca de Klingsor

  • Yaco, Jorge : El oro de Berlín

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