Nombre
des écrits à vocation historique de la littérature
hispano-américaine, qu'ils relèvent du récit fictif, de la
biographie ou de la chronique ont pour figure centrale un ou des
personnages féminins. Ce dossier documentaire de l'Espace América
se propose d'explorer les figures féminines qui apparaissent dans
ces récits.
Deux
des premiers grands romans de la littérature du continent ont pour
figure centrale des figures féminines : Cecilia
Valdés o La loma del Ángel de Cirilo Villaverde
et Amalia de José Marmol.
Cecilia
Valdés, publié à partir de 1839, est centré sur le personnage
d'une belle créole. Premier grand roman anti-esclavagiste, fondateur
de la littérature cubaine, ce roman sera revisité par la plume
acérée de Reinaldo Arenas dans La loma del Ángel pour
dresser un portrait de la société cubaine du XIXe siècle.
Amalia ,
lui, fonde la littérature romanesque argentine. C'est un roman
historique publié en feuilleton en 1851 et qui raconte une histoire
d'amour au temps de la cruelle dictature de Juan Manuel de Rosas
(1793-1877). Ce traitement de la figure féminine à partir d'une
histoire sentimentale se retrouve dans des romans historiques
argentins plus récents comme La pasión según Carmela de
Marcos Aguinis (2008) ou El viajero del siglo (2009,
traduit en français) d'Andrés Neuman, ce dernier s'amusant, à
partir de la modernité, à revisiter les codes traditionnels de ce
genre romanesque.
Le
personnage féminin apparaît souvent comme un vecteur narratif de
première importance dans les romans qui traitent de l'Histoire.
Ainsi dans La Habana para un Infante
difunto, l'écrivain cubain Guillermo Cabrera Infante livre
un récit autobiographique où il revient sur son enfance et ses
jeunes années. Un récit qui s'apparente à un roman de formation où
les femmes et les fantasmes qu'elles suscitent illustrent la
recherche du bonheur.
Le
personnage féminin peut être le personnage principal comme dans le
roman Viudas de sangre de Daniel
Chavarría qui raconte la vie d'une
princesse russe devenue prostituée à la chute du tsar ou dans celui
d'Ana Teresa Torres, Malena de cinco mundos, où
l'héroïne a des visions où elle se souvient de ses vies
antérieures : elle fut Giulia Metella durant l'Empire romain,
elle fut l'aventurière Juanita Redondo au XVIIIe siècle, elle fut
Isabela Bruni, pionnière des sciences durant la Renaissance...
Dans
d'autres écrits, le personnage féminin est le narrateur. On pense,
bien sûr, aux mémoires mais c'est le cas aussi dans les récits
fictifs. Ainsi, avec La bella Otero, Carmen
Posadas donne la parole à la grande courtisane de la Belle Époque,
Caroline Otero. La narratrice peut être entièrement fictive comme
dans le roman La tejedora de coronas de Germán
Espinosa, grand roman historique de la littérature colombienne
contemporaine, où Genova Alcocer, une vieille femme emprisonnée par
l'Inquisition, revient sur l'histoire de Federico Goltar, un jeune
astronome de la fin du XVIIe siècle au prise avec l'obscurantisme
religieux de son époque.
Dans
les romans hispano-américains qui évoquent l'Histoire, le
personnage féminin apparaît souvent comme un motif associé à la
quête d'identité ou de vérité.
Ce
personnage peut devenir le symbole même de l'Histoire comme on peut
le voir dans La crítica de las armas de
Jorge Pablo Feinmann. Dans ce roman, Pablo Epstein vient rendre
visite, le jour de la Fête des mères, à la sienne qui est dans une
maison de retraite. Cette visite devient l'occasion d'un monologue
cruel et dévastateur qui revient sur la vie durant la dictature
militaire argentine et où la mère Patrie se confond avec la mère
tout court. Dans le roman La nada cotidiana (Le
néant quotidien) Zoé Valdés met, elle aussi, en scène un
personnage nommé Patrie parce qu'elle est née le jour où la
Révolution cubaine triomphe.
Ce
choix du personnage féminin pour revenir sur l'histoire nationale se
retrouve dans nombre de romans. Carlos Fuentes, avec Los años
con Laura Díaz, retrace
une vie toute fictive, de 1898 à 1972, qui s’intègre à la
réalité historique du Mexique. Dans Delirio (Délire)
Laura Restrepo raconte comment un homme, rentrant d'un voyage,
découvre que sa femme a sombré dans la folie. Tentant de comprendre
ce qui s'est passé, il va enquêter sur la Colombie de la fin du XXe
siècle, sa violence, sa corruption et son hypocrisie. Avec son
roman Andrés y la Ola Marina, Haroldo Maglia
raconte un siècle d'histoire morale de l'Uruguay à travers les vies
parallèles de deux personnages représentatifs : un commerçant
aisé, père de famille et une prostituée en quête de protection.
Pour
la littérature péruvienne, on peut mentionner trois romans qui
relèvent de cette stratégie narrative. On en doit deux à Alfredo
Bryce Echenique : No me esperen en abril qui
revient sur un demi-siècle d'histoire péruvienne à partir d'une
figure féminine de l'éternel amour ; Dos señoras
conversan, un court récit
où deux vieilles dames de bonne famille se souviennent, en buvant et
en disant des méchancetés, du Lima de leur jeunesse, quand les
enfants des serviteurs n'allaient pas encore à l'université et ne
s'engageaient pas politiquement. Le troisième est le dernier livre
de Mario Vargas Llosa, Cinco esquinas où
l'histoire d'une rencontre érotique entre deux femmes, devient le
prétexte à une peinture de la société péruvienne dans les
derniers moments de la dictature de Fujimori.
Le
personnage féminin apparaît ainsi souvent associé au thème de
l'identité. On le voit dans El desierto y la semilla de
Jorge Baron Biza où l'auteur reconstruit le visage de sa mère
défigurée et la tragique histoire de l'Argentine du XXe siècle. On
le voit aussi dans A veinte años, Luz (Luz
ou le temps sauvage) d'Elsa Osorio où une femme
qui devient mère s'interrogeant sur son identité est amenée à
enquêter sur les vols d'enfants d'opposants durant la dictature
argentine. Ou, encore, dans Demasiado héroes de
Laura Restrepo où Lorenza, ancienne révolutionnaire, revient avec
son fils adolescent en Argentine à la recherche du père de
celui-ci.
La
femme dans nombre de romans est détentrice d'un secret. Dans Lejos
de donde, Edgardo Cozarinsky déroule le destin d'une femme
au passé trouble. Dans Un secreto para Julia, Patricia
Sagastizabal met en scène une exilée qui vit désormais à Londres
et qui s'est promis d'oublier les terribles épisodes qu'elle a vécu
avant d'abandonner l'Argentine.
Le
personnage féminin devient ainsi le point de départ d'une quête de
la vérité. Ainsi, dans La fiesta del Chivo (La
fête au Bouc) de Mario Vargas Llosa, une jeune femme
nommée Urania, fille d'un sénateur déchu, revient en République
Dominicaine pour tenter de comprendre ce qui a conduit son père à
la donner comme offrande au dictateur. On retrouve le même procédé
dans Los informantes de Juan
Gabriel Vásquez qui revient, à partir de l'histoire d'une
allemande arrivée en Colombie peu avant la Seconde Guerre mondiale,
sur un épisode peu connu de l'histoire nationale : Comment, sur le
diktat de Roosevelt, le gouvernement colombien traita les citoyens
allemands présents sur son territoire entre 1941 et 1946.
Parfois,
le personnage féminin est le héros de cette quête de la vérité.
On peut citer Purgatorio de Tomás Eloy
Martínez qui raconte l'histoire d'une femme qui, trente ans
après la disparition de son mari, part à la recherche de cet
amour perdu ou El tigre y la nieve de
Fernando Butazzoni où Julia Flores, qui a chèrement payé pour
survivre dans le camp d'extermination où elle fut enfermée durant
la dictature argentine, livre peu à peu ce passé encore douloureux
à un ami.
Par
ailleurs, la littérature d'Amérique Latine propose de nombreux
livres qui reviennent sur des personnages féminins historiques
connus ou moins connus.
Ainsi,
Orlando Rodríguez propose dans son roman Chiquita la
biographie imaginaire d'un personnage réel : Espiridiona Cenda
(1869-1939), une artiste liliputienne qui mesurait à peine 69
centimètres, danseuse et chanteuse dans les théâtres de variété
cubains, au début du XIXe siècle. Avec El príncipe
y la bella cubana, qui a pour sous-titre Los
amores de don Alfonso de Borbón y Battenberg y doña Edelmira
Sampedro y Robato, Roberto G. Fernández propose un
roman désopilant sur la folle vie, parsemée de scandales
et de secrets, d'un héritier de la couronne espagnole. Enfin, le
grand écrivain cubain Eliseo Alberto, dans La
eternidad por fin comienza un lunes, met en
scène un cirque dont le parcours propose un condensé du
continent latino-américain et où l'on rencontre Isadora Duncan ou
Tina Modotti...
Le
roman historique devient l'occasion de revenir sur des personnages
féminins restés mystérieux comme dans El pergamino de
la seducción de Gioconda
Belli où un historien et une jeune fille mêne une enquête sur
Jeanne de Castille, reine de Castille et d'Aragon, déclarée folle
et enfermée à Tordesillas jusqu'à sa mort. Même choix du genre
historique et policier pour Alberto Irigoyen qui revient dans El
bastardo sur l'histoire de la princesse Marie-Louise de
Bourbon-Parme (1751-1819). On peut mentionner
aussi Volavérunt où Antonio Larreta donne la
parole à don Manuel Godoy, prince de La Paz, pour rendre compte des
circonstances étranges dans lesquelles María del
Pilar Teresa Cayetana de Silva y Álvarez, XIIIe
duchesse d'Albe, est morte.
Mais,
surtout, le roman historique est l'occasion de se remémorer
des femmes exceptionnelles de la vie politique ou artistique.
Ainsi
avec La capitana, roman édité sous le même
titre en français, Elsa Osorio, retrace le destin exceptionnel de la
révolutionnaire argentine Micaela Feldman de Etchebéhère,
surnommée Mika, qui s'engagea dans les rangs du POUM lors de la
Guerre d'Espagne et devint officier. La cinta roja de
Carmen Posadas rappelle la vie intense et pleine d'aventures
de Thérésa Cabarrus, autrement nommée Madame Tallien,
qui, selon la légende, parvint à mettre fin à la Terreur.
Dans Nunca fui primera Dama, Wendy Guerra raconte
l'histoire de Cuba, des années révolutionnaires à l'époque
actuelle, à travers trois figures féminines dont
Célia Sánchez (1920-1980) qui eut un rôle primordial
auprès de Fidel Castro.
Pour
l'histoire de l'art, on peut citer La cazadora de
astros où Zoé Valdés revient sur Remedios Varo, une
peintre surréaliste; Diana o la cazadora solitaria (Diane
ou la chasseresse solitaire) où Carlos Fuentes évoque
l'actrice américaine Jean Seberg ; ou, encore, Falsas
memorias de Hugo Achugar qui traite de la vie passionnée
et inquiétante de Blanca Luz Brum Elizalde (1905-1985).
Certaines
de ces figures féminines historiques on prit la dimension de mythes.
Ainsi d'Eva Perón dont Alicia Dujovne Ortiz a écrit une biographie
mais que l'on retrouve dans des romans : celui d'Abel
Posse, La pasión según Eva qui montre
Eva Perón mourante et se remémorant sa vie ou celui de Tomás Eloy
Martínez, Santa Evita dont le protagoniste
principal est le corps embaumé d'Eva Perón, objet de dévotion
populaire et volé par les militaires en 1955. Ainsi, encore, de
Malinche, aussi appelée Malintzin ou Doña Marina.
Cette indienne offerte à Hernán Cortés est une figure très vivace
de la culture mexicaine. Elle incarne tout à la fois le métissage
et la trahison. Une figure ambivalente que Laura Esquivel, dans
son roman Malinche,
tente de réhabiliter. On peut mentionner encore le
roman La esposa del doctor Thorne de Denzil
Romero, un roman qui revient sur Manuela Saenz (1797-1856), compagne
de Simon Bolivar et où le personnage historique devient
progressivement un être imaginaire et porteur de fantasme érotique.
On
peut ajouter à cette liste un récit du recueil Del amor
y otros demonios de Gabriel García Márquez qui réunit
quelques unes de ses chroniques journalistiques : En 1949, alors
qu'on l'envoie pour couvrir la démolition d'un ancien couvent et
l'ouverture d'une crypte, il assiste à la découverte d'une
chevelure de plus de 22 mètres qui a appartenu à une fillette dont
sa grand-mère lui avait raconté l'histoire...
Revenir
sur les figures féminines de l'Histoire, c'est enfin l'occasion de
questionner l'histoire même de la féminité. Ainsi Carmen Boullosa,
dans La virgen y el violín évoque
une personnalité oubliée de la Renaissance, la peintre Sofonista
Anguissola (1532-1625) qui ne pouvait pas se dire artiste dans un
monde où il n'était pas séant pour une femme de l'être. De son
côté, Mario Vargas Llosa, avec El paraíso
en la otra esquina (Le paradis un peu plus
loin) revient sur deux vies marquée par l'utopie :
celle de Paul Gauguin et celle de sa grand-mère, Flora Tristan, qui
lutta pour les droits des ouvriers et des femmes.
Enfin,
s'il est un écrivain qui a le mieux rendu un juste hommage aux
femmes dans l'Histoire, c'est la Mexicaine Elena Poniatowska. En
effet, on trouve parmi ses livres des portraits de figures majeures
de la culture mexicaine : Lupe Marín qui épousa le
peintre Diego Rivera puis le poète Jorge Cuesta dans Dos
veces únicas; Frida Kahlo, la poétesse Pita Amor, la
peintre María Izquierdo, les romancières Elena
Garro et Rosario Castellanos ou Nellie
Campobello, fondatrice du Ballet de México dans Las siete
cabritas. On lui doit aussi une biographie romancée de
Tina Modotti (1896-1942) qui fut mannequin, actrice et surtout
photographe et révolutionnaire (Tinísima) et son
roman Leonora célèbre son amie peintre et
romancière : Leonora Carrington (1917-2011).
La
littérature hispano-américaine revient sur des figures qui ont
marqué l'histoire des femmes et invite à réfléchir sur l'histoire
même de la féminité.
On
trouve dès 1928, dans le roman folkloriste La marquesa de
Yolombo de Tomás Carrasquilla, la question de la
place des femmes dans une société qui les limite à leur rôle
d'épouse et de mère et les prive de toute éducation.
Dans
les parutions plus récentes le thème est encore abordé. Ainsi, en
1988, Gioconda Belli publie La mujer habitada où
une femme, fatiguée d'être victime de la domination masculine,
décide de remettre en cause la commodité de sa vie bourgeoise pour
devenir « guerrillera ».
La
Mexicaine Ángeles Mastretta dont l’œuvre est marquée
par ce questionnement sur la place des femmes, raconte dans Mal
de amores le destin d'Emilia Sauri dans le Mexique de la
fin du XIXe siècle, le destin d'une femme qui est bien décidée à
défendre ses idées, ses choix sentimentaux et qui refusent les
limites imposées par sa condition. Le livre Pasaban en
silencio nuestros dioses de Héctor Manjarrez
reconstitue le Mexique des années 1970, celui du militantisme
politique et celui du féminisme.
Certains
livres s'attachent à revisiter les figures féminines de la
littérature. C'est le cas Carmen Boullosa avec La otra
mano de Lepanto où elle tente de restituer sa véritable
identité à la petite gitane des Nouvelles exemplaires de
Cervantés.
C'est
le cas aussi d'Eduardo Berti avec La mujer de
Wakefield (Madame Wakefield), un roman qui
se propose de réécrire la nouvelle Wakefield de
Nathaniel Hawthorne, parue en 1835. Deux récits pour une même
histoire : Un jour, un homme abandonne sa maison et sa femme et
s'installe dans une rue voisine. Au bout de vingt ans, il revient
chez lui comme si rien ne s'était passé. Si dans la nouvelle
de Hawthorne le personnage principal est le mari, dans le roman
d'Eduardo Berti, le personnage principal est sa femme.
Les
auteurs revisitent par ailleurs des figures historiques pour revenir
sur l'histoire des femmes. Ainsi dans Jardín blanco
(Jardin blanc), Laura Alcoba propose un roman qui
semble un traité de l'âme féminine où se mêlent trois voix :
celle d'Ava Gardner, celle d'Eva Perón et celle d'une femme fictive,
Carmina. Dans La Tejedora de sombras, Jorge
Volpi se centre sur Christiana Morgan (1897-1937), amante de Henry
Murray dont Jung se servit pour ses expérimentations parce qu'il
considérait qu'elle était la manifestation parfaite du féminin.
La
réflexion sur la place de la femme dans la société s'accompagne
d'une réflexion sur la sexualité. Déjà, dans le roman
d'inspiration naturaliste Santa de Federico
Gamboa, publié en 1903, étaient racontées les péripéties
tragiques d'une femme qui tombe dans la prostitution ; Un
roman qui dénonçait l'hypocrisie sociale conservatrice.
Avec Te devolverán las mareas, Andrés
Jorge explore la sexualité complexe de Safo, d'Izumi Shikibu,
poétesse japonaise du Xe siécle ou de Virginia Woolf.
Au
delà de ces interrogations sur le féminin, c'est le questionnement
sur la construction du genre qui émerge comme le montre Manuel Puig
dans La traición de Rita Hayworth qui
dénonce l'aliénation culturelle dans une ville provinciale
argentine dans les années 1940-1950 et montre la violence d'une
société machiste.
Les
auteurs s'interrogent aussi sur l'histoire de la création au
féminin. Ainsi, dans Djuna y Daniel, Ena
Lucía Portela propose divers épisodes réels ou imaginaires de la
vie de la romancière et dramaturge américaine Djuna Barnes. Et,
dans Posar desnuda en La Habana, Wendy Guerra
raconte le voyage que fit à Cuba, en 1922, Anaïs Nin. Elle avait 19
ans et elle était sur le point d'écrire le journal qui allait la
faire connaître.
Aborder
les récits historiques par leur aspect féminin amène à tenir
compte de manière plus attentive au témoignage féminin de
l'Histoire.
Ainsi,
en 1969, Elena Poniatowska publia un roman biographique qui fit
date, Hasta no verte, Jesús mío; un roman
élaboré à partir d'un entretien avec Jesusa Palancares, une femme
pauvre d'Oaxaca qui avait combattu durant la Révolution et dont la
vie jette une lumière crue sur la société mexicaine. On lui doit
aussi un roman épistolaire poignant, Querido Diego, te
abraza Quiela ( Cher Diego, Quiela
t'embrasse), inspiré des lettres qu'écrivait l'artiste
russe Angelina Beloff à Diego Rivera.
Les
mémoires sont aussi une source importante de témoignage.
Ainsi Nellie Campobello, dans C
artucho : relatos de la lucha en el Norte de México revient sur les événements de la Révolution mexicaine auxquels elle a assisté alors qu'elle était enfant. Ces mémoires donnent un éclairage intimiste, quotidien et féminin de la cette révolution.
El
país bajo mi piel : memorias de amor y de guerra de
Gioconda Belli, publié en 2010, traduit en français sous le
titre Le pays que j'ai dans la peau : mémoire d'amour et
de guerre, est un autre de ces livres importants et écrits par
des femmes. Il s'agit des mémoires de cette Nicaraguayenne, née
dans une famille aisée en 1948, qui s'est battue dans les rangs
sandinistes contre la dictature de Somoza.
De
son côté, en 1973, Rosario Castellanos publie
un essai, Mujer que sabe latín...
un livre où elle raconte son enfance et évoque des
femmes écrivains qui ont eu le courage de rendre public leurs
travaux : Virginia Woolf, Penélope
Gilliat, Santa Teresa, Sor
Juana, Susan Sontag ou Violette
Leduc.
Enfin,
il faut signaler que la littérature latino-américaine compte des
chroniqueuses de grande valeur qui contribué à éclairer l'histoire
en train de se faire. On pense, bien sûr, encore, à Elena
Poniatowska à qui l'on doit Jardín de Francia,
un livre qui rassemble des chroniques et des entretiens datant
de 1953, alors qu'elle séjourne à Paris. On y rencontre Edith
Piaf, Audrey Hepburn, Leslie Caron ou María
Casares.
On
pourra lire aussi Mujeres uruguayas, el lado
feminino de nuestra historia une compilation d'essais et
de récits écrits par des journalistes et chercheuses qui mettent en
lumière des femmes qui ont fait l'histoire de l'Uruguay.
A
consulter à l'Espace América
En
espagnol
- A veinte años, Luz de Elsa Osorio (Madrid, Siruela, 2008)
- Amalia de José Marmol (Madrid, Cátedra, 2000)
- Andrés y la Ola Marina de Haroldo Maglia (Madrid, Espasa-Calpe, 2000)
- Cartucho : relatos de la lucha en el Norte de México de Nellie Campobello (México, Era, 2000)
- Cecilia Valdés o La loma del Ángel de Cirilo Villaverde (Madrid, Cátedra, 2004)
- Chiquita de Orlando Rodríguez (Santillana, 2009)
- Cinco esquinas de Mario Vargas Llosa (Madrid, Penguin Random House Grupo Editorial, 2016)
- Del amor y otros demonios de Gabriel García Márquez (Barcelona, Debolsillo, 2003)
- Delirio de Laura Restrepo (Alfaguara, 2004)
- Demasiado héroes de Laura Restrepo (Aguilar, 2009)
- Diana o la cazadora solitaria de Carlos Fuentes (Madrid, Suma de Letras, 2003)
- Djuna y Daniel de Ena Lucía Portela (Barcelona, Editorial Grijalbo Mondadori, 2008)
- Dos señoras conversan de Alfredo Bryce Echenique (Madrid, Anagrama, 1998)
- Dos veces únicas de Elena Poniatowska (Seix Barral, 2016)
- Falsas memorias de Hugo Achugar (Tafalla, Txalaparta, 2004)
- El bastardo de Alberto Irigoyen (Tafalla, Txalaparta, 2001)
- El desierto y la semilla de Jorge Baron Biza (Madrid, 251 editores, 2007)
- El país bajo mi piel : memorias de amor y de guerra de Gioconda Belli (Tafalla, Txalaparta, 2005)
- El paraíso en la otra esquina de Mario Vargas Llosa (Alfaguara, 2003)
- El pergamino de la seducción de Gioconda Belli (Seix Barral, 2005)
- El príncipe y la bella cubana de Roberto G. Fernández (Madrid, Verbum, 2014)
- El tigre y la nieve de Fernando Butazzoni (Barcelona, Virus, 1998)
- El viajero del siglo de Andrés Neuman (Alfaguara.Santillana, 2009)
- Hasta no verte, Jesús mío de Elena Poniatowska (México, Era, 2003)
- Jardín blanco de Laura Alcoba (Buenos Aires, Edhasa, 2010)
- Jardín de Francia de Elena Poniatowska (México, Fondo de Cultura Económico, 2008)
- La bella Otero de Carmen Posadas (Barcelona, Editorial Planeta, 2011)
- La capitana de Elsa Osorio (Siruela, 2012)
- La cazadora de astros de Zoé Valdés (Plaza y Janés, 2007)
- La cinta roja de Carmen Posadas (Espasa-Calpe, 2010)
- La crítica de las armas de Jorge Pablo Feinmann (Buenos Aires, Norma, 2003)
- La esposa del doctor Thorne de Denzil Romero (Tusquets, 1998)
- La eternidad por fin comienza un lunes de Eliseo Alberto (Anagrama, 1994)
- La fiesta del Chivo de Mario Vargas Llosa (Santillana, 2003)
- La Habana para un Infante difunto de Guillermo Cabrera Infante (Barcelona, Seix Barral, 2000)
- La marquesa de Yolombo de Tomás Carrasquilla (Caracas, Biblioteca Ayacucho, 1952)
- La mujer de Wakefield (Madame Wakefield) d'Eduardo Berti (Tusquets, 2000)
- La mujer habitada de Gioconda Belli (Seix Barral, 2010)
- La nada cotidiana de Zoé Valdés (Barcelona, Salmandra, 2002)
- La otra mano de Lepanto de Carmen Boullosa (Siruela, 2005)
- La pasión según Carmela de Marcos Aguinis (Buenos Aires, Editorial sudamericana, 2009)
- La pasión según Eva de Abel Posse (Barcelona, Debolsillo, 2003)
- La tejedora de coronas de Germán Espinosa (Bogota, Aguilar, 2002)
- La tejedora de sombras de Jorge Volpi (Editorial Planeta, 2012)
- La traición de Rita Hayworth de Manuel Puig (Seix Barral, 2009)
- La virgen y el violín de Carmen Boullosa (Madrid, Siruela, 2008)
- Las siete cabritas de Elena Poniatowska (Txalaparta, 2001)
- Lejos de donde d'Edgardo Cozarinsky (Barcelona, Tusquets, 2009)
- Leonora de Elena Poniatowska (Seix Barral, 2011)
- Los años con Laura Díaz de Carlos Fuentes (Madrid, Suma de letras, 2004)
- Los informantes de Juan Gabriel Vásquez (Santillana, 2004)
- Mal de amores de Ángeles Mastretta (Suma de Letras, 2003)
- Malena de cinco mundos d'Ana Teresa Torres (Madrid, Veintisiete letras, 2008)
- Malinche de Laura Esquivel (Santillana Ediciones Generales, 2006)
- Mujer que sabe latín... de Rosario Castellanos (México, Fondo de Cultura Económica, 2007)
- Mujeres uruguayas : el lado feminino de nuestra historia (Santillana, 2002)
- No me esperen en abril de Alfredo Bryce Echenique (Barcelona, Anagrama, 2002)
- Nunca fui primera Dama de Wendy Guerra (Barcelona, Ediciones B, 2008)
- Pasaban en silencio nuestros dioses de Héctor Manjarrez (México D.F., Era, 1987)
- Posar desnuda en La Habana de Wendy Guerra (Santillana de Ediciones, 2011)
- Purgatorio de Tomás Eloy Martínez (Santillana, 2009)
- Querido Diego, te abraza Quiela de Elena Poniatowska (Era, 2003)
- Santa de Federico Gamboa (Madrid, Cátedra, 2002)
- Santa Evita de Tomás Eloy Martínez (Suma de Letras, 2003)
- Te devolverán las mareas de Andrés Jorge (México, Planeta, 1998)
- Tinísima de Elena Poniatowska (México D.F., Era, 2003)
- Un secreto para Julia de Patricia Sagastizabal (Barcelona, El Aleph, 2003)
- Viudas de sangre de Daniel Chavarría (La Habana, Letras cubanas, 2004)
- Volavérunt de Antonio Larreta (Planeta, 1999)
En
français
- Cher Diego, Quiela t'embrasse d'Elena Poniatowska (Actes Sud, 1984)
- Délire de Laura Restrepo (Calmann-Lévy, 2005)
- Diane ou la chasseresse solitaire de Carlos Fuentes (Gallimard, 1996)
- Jardin blanc de Laura Alcoba (Gallimard, 2009)
- La capitana d'Elsa Osorio (Métailié, 2012)
- La chasseuse d'astres de Zoé Valdés (Lattès, 2014)
- La fête au Bouc de Mario Vargas Llosa (Gallimard, 2002)
- La Havane pour un infante défunt de Guillermo Cabrera Infante (Seuil, 1999)
- Laura Díaz de Carlos Fuentes (Gallimard, 2001)
- Le paradis un peu plus loin de Mario Vargas Llosa (Gallimard, 2003)
- Le pays que j'ai dans la peau : mémoire d'amour et de guerre de Gioconda Belli (Bibliophane, 2003)
- Le ruban rouge de Carmen Posadas (Seuil, 2010)
- Le voyageur du siècle d'Andrés Neuman (Fayard, 2011)
- Le néant quotidien de Zoé Valdés (Actes Sud, 1997)
- Leonora de Elena Poniatowska (Actes Sud, 2012)
- Luz ou le temps sauvage d'Elsa Osorio (Métailié, 2000)
- Santa Evita de Tomás Eloy Martínez (R. Laffont, 1997)

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